Dépasser son étiquette
Ou comment décoller de son identité-métier
Si je vous demande de vous présenter en 1 phrase, qu’est-ce qui sort en premier ?
Je parie que ça commencerait par quelque chose comme : “Je suis prof de yoga” “Je suis sophrologue.” “Je suis graphiste” “Je suis céramiste”…
C’est automatique, presque réflexe. Et ce n’est pas un hasard.
Sauf que ça joue des tours… Et fait perdre des clients.
Rien que la semaine dernière, je suis partie à la recherche d’une hypnothérapeute près de chez moi. Rien de bien compliqué en apparence, on est d’accord. 😅 Quelques mots clés (sur Ecosia) et on trouve.
Je suis alors tombée sur 5 personnes qui avaient l’air très compétentes, passionnées et professionnelles…
Sauf que j’avoue, je n’ai pris rendez-vous avec aucune. 🙄
Et je crois que c’est pertinent de vous expliquer les raisons et de décortiquer pourquoi tant d’entrepreneur-es perdent des clients “bêtement”.
Car pour avoir accompagné des centaines d’entrepreneures à dézoomer sur leurs manières de faire, leurs croyances et leurs automatismes et à déployer des stratégies efficientes et alignées, je peux vous dire que cette erreur qu’elles ont faite est l’un des freins les plus courants, et invisibles, à un positionnement qui attire.
Alors aujourd’hui, on va explorer ensemble :
Pourquoi on se colle une étiquette... même quand on ne veut pas
D’où vient le rôle qu’on vous a donné et que vous continuez de jouer
La leçon de Sartre que personne ne partage 😐
Un exemple concret pour trouver les mots qui vont tout changer
Comment décoller son étiquette en gardant sa clarté
C’est parti !
PS : Pour (re)tomber amoureux de sa vie et de ses projets, Victor Morris organise un événement de folie : La fête des rêveurs. A ne pas louper !
☕ Si ce n’est pas encore fait, n’oubliez pas de :
Découvrir mes coulisses et réflexions sur Instagram
Réserver un appel découverte pour amplifier ce que vous avez créé ☀
Plonger Derrière la lumière avec le podcast
Découvrir mes réflexions et analyses sur LinkedIn
Évidemment, vous abonner aux Lettres coup d’Pêche :
La raison de mon non-choix
Ce qui a coincé avec toutes ces hypnothérapeutes, c’est qu’elles auraient pu être une seule et même personne. Toutes s’étaient collé la même étiquette. Les mêmes mots. Les mêmes offres. Les mêmes contenus centrés sur “l’hypnose et ses bienfaits” et “comment se passe une séance”.
Or je suis certaine que toutes voulaient se démarquer un peu, montrer leurs spécificités et leur amour de leur métier.
Pourtant, sans le vouloir (ni peut-être le voir), elles restaient dans ce qui se fait, ce qui est accepté et reconnu.
Pas de singularité. Pas de positionnement assumé. Pas de cible claire.
Et mine de rien, je suis certaine que vous aussi, sans forcément le souhaiter, vous avez tendance à vous définir par votre outil plutôt que votre promesse et votre singularité. À coller sur votre façade (ou sur votre bio Insta et LinkedIn) l’étiquette de votre formation, et à attendre que les clients arrivent.
Pourquoi on se colle une étiquette... même quand on ne veut pas
Vous l’avez expérimenté, quand on se présente dans un cadre professionnel, on a tous tendance “naturellement” à parler de son métier. Mais ça n’a rien de naturel, ni de pertinent.
Le psychologue Henri Tajfel a développé dans les années 70 ce qu’on appelle la théorie de l’identité sociale : nous construisons une grande partie de notre sentiment d’existence à travers les groupes auxquels nous appartenons. Être “coach certifiée ICF” ou “hypnothérapeute diplômée”, c’est appartenir à un groupe reconnu, balisé, sécurisant. Ça donne un sentiment de légitimité.
En gros, ça structure l’identité dans un monde professionnel qui peut vite devenir flou quand on est à son compte. 😅
Car se détacher de cette étiquette, décider de se présenter autrement, de sortir du cadre reconnu, ça ne crée pas juste un inconfort passager. Ça crée ce que Tajfel appelle “une micro-crise identitaire”. Le cerveau perçoit la différenciation comme une perte d’appartenance et donc, inconsciemment, un danger.
Résultat : on garde l’étiquette. Pas par manque d’ambition, mais par pur mécanisme de survie psychologique. 🙃
Le problème ? Ce mécanisme est une jolie prison dorée.
Le rôle qu’on nous a donné, et qu’on continue de jouer
Il y a une autre couche à explorer, encore plus profonde. Elle vient d’Amy Wrzesniewski, chercheuse en comportement organisationnel qui a passé des années à étudier comment les gens se rapportent à leur travail.
Ses recherches sur le “job crafting” montrent que la plupart des gens réinterprètent leur fiche de poste. Ils l’élargissent en fonction de leurs forces, leurs valeurs et du sens qu’ils veulent donner à leur travail.
Sauf que quand on est entrepreneur-es, on n’a pas la stabilité d’une structure au dessus qui nous apporte la sécurité, et donc la légèreté de pouvoir réinterpréter notre métier.
On a souvent appris notre pratique dans un cadre structuré avec une formation et une certification. Et ce cadre nous a implicitement transmis une vision de ce qu’on “a le droit” de faire, dire, proposer.
On a appris l’hypnose, donc on fait “de l’hypnose”.
On a été certifiée coach, donc on fait “du coaching”.
C’est ce que j’appelle l’attachement au rôle prescrit : garder la posture qu’on nous a apprise par peur de l’illégitimité ou de manquer de clarté.
Et si vous avez l’impression en me lisant que ça ne vous concerne pas, demandez-vous : est-ce que je m’autocensure parfois sur ce que je propose ou la manière dont je me présente ? Est-ce qu’il m’arrive de penser “ce n’est pas vraiment mon domaine” ?
Perso, j’ai mis des années à assumer aimer parler de psychologie et de philosophie, et pas juste de marketing et de stratégie… ☀
Cette lettre psycho-business vous plait ? ☕
La meilleure manière de me soutenir c’est de la partager à une personne à qui elle parlera peut-être aussi. Un geste simple, gratuit, solidaire.
Merci d’avance d’être de celles qui soutiennent. 🙏
La leçon de Sartre que personne ne partage
J’apprécie la vision de J-P (en toute intimité 😉) sur certains points, notamment dans cette notion usuelle mais qui devrait être creusée par tous les entrepreneur-es : l’existence précède l’essence.
Ce qu’il voulait dire, dans un sens très libre : vous n’êtes pas définie par une nature fixe, par une étiquette, par ce qu’on vous a dit que vous étiez ou que vous aviez le droit d’être.
Vous êtes définie par ce que vous choisissez de faire, de construire, d’incarner.
Appliqué à nos entreprises, ça donne ceci : vous n’êtes pas votre diplôme. Vous n’êtes pas votre certification. Vous êtes la somme de tout ce que vous avez traversé, appris, expérimenté et surtout la manière singulière dont vous l’utilisez pour impacter la vie de vos client-es.
Votre formation vous a donné des outils.
Vous, vous avez construit quelque chose avec.
Et c’est “ce quelque chose” qui devrait être au cœur de votre positionnement.
Trouver les mots et la posture qui vont tout changer
Je vais vous donner un exemple concret, parce que tout ça reste un peu abstrait.
Début avril, j’ai reçu un message de Sandrine, numérologue stratégique.
C’est en tout cas comme ça qu’elle se présentait quand elle est venue pour l’expérience tremplin. Et “numérologue”, disons-le franchement, c’est un titre qui laisse beaucoup de gens perplexes… et qui ne dit absolument rien de la transformation qu’elle permet.
Alors comment a-t-on fait pour apporter de la clarté, de la singularité et de l’évidence pour ses clients ?
On a dézoomé sur ce qu’elle apporte de différent, pour qui, et pourquoi.
On a clarifié sa cible et son positionnement, au lieu d’un public flou “pour tous ceux qui veulent mieux se connaître”.
On a structuré ses offres, travaillé ses tarifs et sa relation à l’argent.
Et on a repensé sa stratégie de communication pour qu’elle ait un vrai impact, sans lui prendre ses soirées.
Sandrine ne se présente plus comme “numérologue”. Elle est partenaire des dirigeants en numérologie stratégique. Celle qui apporte de la clarté dans les décisions et de la cohérence dans les actions.
Une phrase. Une cible. Une promesse.
Et les bonnes personnes l’appellent.
Décoller son étiquette en gardant sa clarté
Maintenant, une nuance importante, parce que je vois parfois des entrepreneurs partir dans l’autre sens.
Dépasser son étiquette ne veut pas dire l’effacer. “Libératrice d’énergie quantique” ou “architecte de l’âme entrepreneuriale” : non.
Si votre titre ne dit rien à quelqu’un en cinq secondes, il ne vous différencie pas, il vous rend flou. Et le flou n’a jamais rempli un carnet de clients. 😅
L’enjeu, c’est donc de trouver l’équilibre entre :
l’ancre de compréhension : ce que vous faites concrètement,
et la promesse différenciante : ce que vous apportez de spécifique, pour qui, avec quel résultat (cf les module 3 et 4 de Singulière)
Voici comment commencer, concrètement :
1. Nommez votre cible avec précision
Plus votre cible est floue, plus votre titre sera générique. “Coach pour femmes” ne dit rien. “Coach pour consultantes indépendantes qui veulent sortir du mode projet et construire un business stable” dit tout. La précision n’exclut pas : elle attire les bonnes personnes.
2. Autorisez-vous à intégrer ce que vous faites vraiment
Pas seulement ce pour quoi vous avez été formée. Si vous êtes thérapeute et que chaque séance amène vos clientes à repenser leur relation au travail, à leurs limites, à leur valeur, c’est ça votre promesse réelle, pas uniquement la technique que vous utilisez pour y arriver.
3. Regardez votre page “À propos”
Est-ce qu’elle parle principalement de votre parcours de formation ? Ou de l’expérience que vous faites vivre et de la transformation que vous permettez ?
Si c’est le premier cas, vous savez ce qu’il vous reste à faire : 😉
Ce que ça demande vraiment
Je ne vais pas vous faire croire que c’est simple.
Se redéfinir en dehors de ce qu’on vous a dit que vous aviez “le droit” d’être, c’est un acte qui touche à votre identité professionnelle, la manière dont vous vous percevez et dont vous vous autorisez à être perçue.
Ça demande de traverser cette micro-crise identitaire dont Tajfel parlait. Ça demande de faire confiance à ce que vous voulez construire au-delà de ce qu’on vous a enseigné ou ce que vous voyez. Et souvent, ça nécessite un regard extérieur structurant pour voir ce que vous ne voyez plus à force d’être dedans.
C’est ce que l’on fait ensemble en accompagnement individuel (one shot ou long terme) : vous aider à dézoomer sur vos automatismes, clarifier ce que vous apportez de singulier, et construire une communication et des offres qui vous ressemblent autant qu’elles parlent à votre cible.
Comme avec Sandrine, une seule expérience du Tremplin peut suffire à débloquer ce qui semble compliqué ou nébuleux depuis des mois. Objectif : mettre de la clarté, de la singularité et une structure alignée dans ce que vous avez créé ☀
Prenez un rendez-vous offert pour voir si je peux vous accompagner :
Pêche,
Alliée des entrepreneures et CEO qui veulent mêler clarté, humanité et succès.
Le dernier podcast à ne pas louper :
Si cette lettre vous a plu, déposez un petit coeur juste là, c’est rien et immense à la fois 🙏❤ :


